• Nouvelles

      Toutes les nouvelles que vous trouverez dans cette rubrique ont été écrites par ma plume. Bien qu'elles ne soient pas forcément d'un grand niveau littéraire, les écrire m'a coûté du temps. Je vous prie donc de ne jamais les copier!

  •   Elle mit un pied sur le tabouret, puis un second. Elle respira un grand cou, et se mit la corde autour du cou. Des larmes coulaient sans sembler vouloir s'arrêter sur ses joues telles des chutes d'eau. Avant de sauter, elle se remémora une dernière fois son histoire...

     

      De longs cheveux bruns, quelques kilos en trop, arborant les vêtements de sa grande sœur, elle se présenta comme le reste de la classe le jour de sa rentrée en seconde. Certains ricanèrent, d'autres ne lui portèrent aucune attention : l'intégration commençait mal pour elle... A la cantine, elle posa son plateau à côté des filles de la classe, mais celles-ci firent comme si elle n'était pas là. Elle décida de tenir bon et mangea le plus vite possible pour éviter ce calvaire.
      Le soir quand elle rentra chez elle,elle alluma son ordinateur pour consulter son profil FaceBook : une notification. Chouette ! Elle cliqua sur le lien et fit un faux sourire en voyant qu'il s'agissait simplement de sa grand-mère qui avait commenté sa photo de profil : "C'est trop bien je peux te voir tous les jours maintenant ma chérie !". Merveilleux.
      Les jours suivants ne furent pas mieux : personne ne lui adressait la parole, sauf pour lui demander de se décaler car il manquait une place pour untel... A chaque fois elle soupirait, puis se résignait et allait prendre la place au fond de la classe.
      Au bout d'un mois, elle en eut assez : elle fit donc le premier pas. Elle avait choisi la déléguée : un peu extravertie mais très gentille et compréhensive, elle allait sûrement la comprendre. La jeune représentante de classe l'écouta attentivement, lui répondit en souriant puis retourna dans son groupe d'amis : un effort vain.
      Elle décida alors d'opter pour une autre méthode : elle prit un rendez-vous chez le coiffeur, l'esthéticienne et cassa sa tirelire pour s'acheter deux ou trois tenues à la mode. Elle commença un régime, et mis à part sa corpulence, le changement fut immédiat. Les gens commencèrent à la regarder, et elle crut avoir enfin réussi. Mais elle déchanta rapidement lorsqu'une blonde au décolleté très osé vint lui demander : « Pourquoi tu t'es coupée les cheveux ? » avec un regard remplit de dégoût.
      Elle pleura longtemps, très longtemps. A la rentrée des vacances d'hiver, elle avait perdu vingt kilos. Désormais les boudins n'étaient plus qu'un lointain souvenir, et si on continuait à cette allure ils auraient tôt fait d'être remplacés par des bras et des jambes squelettiques.
      Elle se referma sur elle-même, coupant toute relation avec le monde. Ses os se faisaient de plus en plus voir, et elle de moins en moins. Puis il y eut ilIl était très gentil et vint lui parler. Il lui donna l'impression d'avoir de l'importance. Elle tomba même amoureuse de lui.
      Alors elle décida de se lancer. Elle lui proposa un rendez-vous au parc, et il accepta.

    « Je t'aime. »

      Ces simples mots le firent partir. Comme ça, il tourna les talons en lançant un vague et blessant : « On ne peut pas être amoureux, juste amis. ». Il ne lui adressa plus la parole, et n'avait de cesse de dire à tout va : « Tu lui adresses la parole une fois et ça y est, elle croit que tu l'aimes. »
      Mais il n'avait rien compris. Ce n'était pas ça. Elle l'aimait, elle ne pensait pas forcément qu'il l'aimait en retour. Elle n'était pas bête, juste amoureuse.

     

      Elle n'avait pas tenu plus d'une semaine dans cette ambiance de trahison, et c'est pour ça qu'à cet instant elle va mettre fin à ses jours.
      Elle inspire un grand coup et se jette. Elle ferme les yeux et est rattrapée par lui. Il lui dit qu'il l'aime. Et elle est heureuse. Pour toujours.


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  • Version originale

      Mon corps vibre au son de l'orchestre qui joue à l'unisson... Le fils du chef d'orchestre, aux percussions, joue vraiment bien... En fait, tous les musiciens ici jouent bien... Du saxophoniste au trompettiste, en passant par les flûtistes très nombreuses, tous sont très doués, et c'est donc avec la plus grande fierté que j'ai rejoint le rang des premières clarinettes¹. Je monte tous les samedis après-midi depuis bientôt un an en haut de l'école de musique avec le sourire aux lèvres pour jouer dans ce fabuleux orchestre et retrouver de très bons amis.
      Mais depuis quelques temps, une toute autre raison me motive à gravir les nombreuses marches qui mènent à la salle de répétition...
      Il se trouve que je suis tombée folle amoureuse d'un des musiciens... Mais pas n'importe lequel! Le tromboniste première voix, fils du joueur de piccolo de l'orchestre, également professeur de flûte à l'école de musique. Il a hérité, tout comme sa sœur qui elle joue de la flûte comme leur paternel, d'un don musical hors du commun: son son, sa façon de déplacer sa coulisse, sa musicalité... Tout est parfait chez lui! Et en plus de tout cela, il est très beau... Je pourrai me noyer dans ses yeux bleus, passer ma main dans ses cheveux ondulés et châtains pour les ébouriffer une centaine de fois par jour, comme j'aime tellement le faire avec mes amis garçons, et ses lèvres... Ses lèvres sont tellement... Parfaites! Rouges, pulpeuses...
      Mais très malheureusement pour moi, elles appartiennent déjà à quelqu'un d'autre... Il l'aime tellement! Si vous voyiez la façon dont il la caresse, les baisers fougueux et amoureux qu'ils s'échangent... Il y a de quoi devenir fou quand on est à ma place! Il l'aime, elle l'aime, ils s'aiment, et je n'ai pas mon mot à dire dans cette immense histoire d'amour...
      Mais moi aussi, j'ai le droit d'avoir ma chance! J'essaie donc de me rapprocher de sa famille... Le hasard faisant bien les choses, ma petite sœur a commencé la flûte à la rentrée, et en allant la chercher tous les lundis après-midi, j'ai pu me « faire bien voir » par le père de la famille. Et étant chanceuse depuis petite, sa sœur est dans mon cours de solfège. Comme nous avons le même âge, nous sympathisons un peu plus à chaque cours.
      Je décide aussi de mettre toutes les cartes de mon côté et de venir à chaque répétition et à chaque concert en avance, pour aider à installer le matériel. Etant les enfants du professeur de flûte, mon si cher tromboniste et sa sœur sont toujours là en avance eux aussi. Mais ma rivale l'accompagne toujours... Ne le quitte-t-elle jamais? N'aurai-je jamais le temps de discuter avec lui sans qu'elle n'intervienne, l'embrassant à nouveau? Il semble que non...

      Au fil des mois, je me suis très vite rapprochée de tous les musiciens, surtout de la jeune flûtiste, si bien que lorsqu'arrive le stage de musique durant l'été, je m'assied sur la banquette arrière du bus avec eux. A ma gauche, le percussionniste fils du chef d'orchestre, à ma droite le fils du professeur de flûte. Durant tout le trajet, nous rions, chantons, imaginons ce qu'il se passera durant la semaine... Il ne se passe pas une seconde sans que l'un d'entre nous n'invente une nouvelle bêtise à faire.
      C'est donc épuisés avec des crampes aux joues tellement nous avons ri que nous arrivons au pavillon qui nous accueille toute la durée du stage. Nous sortons les valises et les instruments du bus, et la présidente de l'orchestre fait l'appel par chambre. Une année de plus, je suis avec mon amie clarinettiste. Dans la chambre d'à côté se trouvent le duo inséparable de mon amie flûtiste et sa « sœur de cœur ». Nous nous installons assez vite et attrapons nos instruments pour assister à la première répétition.
      Une fois encore, la Juliette de mon Roméo ne le lâche pas d'une semelle... Je les regarde quelques instants et recommence à souffler dans ma clarinette, en essayant d'appliquer tous les conseils qui m'ont été donnés au fil des années... Mon voisin est un excellent clarinettiste, et il m'aide beaucoup. Mais la présence perpétuelle de ma rivale aux côtés de mon tromboniste ne semble pas le déranger plus que ça, lui non plus.
      Le soir, nous rentrons, épuisés par ces longues répétitions. Et moi, je rejette toute ma colère contre mon coussin. Mon amie clarinettiste tente de comprendre ce qui ne va pas, mais lorsque je lui explique la situation, elle ne voit pas le problème. « Et puis au pire ma chère, il y a toujours le percussionniste qui recherche désespérément une copine ! ». Je n'avais même pas remarqué cela. Oh! mais maintenant toutes les allusions de son père lors des répétitions s'expliquent! Enfin, les jeunes filles dans l'orchestre sont nombreuses, il peut en choisir une autre que moi, parce que j'aime le tromboniste, par lui.

      Le stage est terminé. A nouveau, j'ai dû supporter l'idée de cet amour à sens unique... Pire que cela, la sœur de mon tromboniste a compris qu'il ne me laissait pas indifférente. Elle m'en a donc parlé, laissant des sous-entendus par ci et par là, pour me faire comprendre que j'avais ma chance... Elle m'avait raconté leur rencontre un soir à table: c'était il y a des années. C'était leur père qui leur avait présenté celle qui tout de suite devint l'amante de mon Roméo. Le coup de foudre avait été immédiat, et ils ne s'étaient jamais quittés depuis. « Je suis sûre que tu peux te faire une place dans leur relation ! A mon avis, lorsque c'est aussi long... » m'avait-elle dit... Une place? Mais comment? Il est là, à embrasser sa Juliette à longueur de répétition. Et personne ne dit jamais rien.

      En même temps, pourquoi lui reprocher d'aimer son trombone?

     

      ¹Les premières voix sont celles qui généralement joue la mélodie. Plus on s'éloigne de 1, plus on s'approche des basses.


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  •   Histoire inspirée d'une nouvelle à chute qui m'a été contée par mewpuding et d'une expérience personnelle un peu modifiée (note à mewpuding qui comprendra peut-être: je ne suis pas amoureuse du garçon dont il est question, mais il a fait quelque chose qui m'a inspirée!)... Je tenais vraiment à l'écrire.

      J'aime les samedi après-midi. Pourquoi? Parce que j'ai ma répétition. Ma répétition avec l'orchestre d'harmonie. Je joue de la clarinette, et je suis entrée très fière il y a peu dans l'harmonie de mon village en première voix¹. Mais je n'avais pas prévu ce qui allait se passer ensuite...
      En effet, je suis tombée folle amoureuse d'un des musiciens. Pour être plus précise, du fils du professeur de flûte, qui joue également du piccolo dans l'orchestre, qui est tromboniste. Il joue tellement bien! Son son, sa façon de déplacer sa coulisse, sa musicalité... Tout est parfait chez lui! Et en plus de ça, il est très beau... Je pourrai me noyer dans ses yeux bleus, passer mon temps à embrasser ses lèvres pulpeuses, passer ma main dans ses cheveux ondulés pour le décoiffer comme j'aime tellement le faire avec les garçons... Mais malheureusement pour moi, il a déjà une amante. Quand je la vois serrée contre-lui, la manière dont ils s'embrassent fougueusement... Je n'ose même plus les regarder tellement j'ai mal quand je les vois... Un affreux pincement au coeur, et lui, insouciant, n'ayant aucune idée de mes sentiments à son égard, continue, indifférent face à tout l'orchestre. Tant qu'il est avec celle qu'il aime...
      Celle-ci d'ailleurs a l'air de l'aimer tout autant... D'après la soeur de mon Roméo, ils se seraient rencontrés il y a des années de cela... Ca avait tout de suite été le coup de foudre, et depuis ils ne se sont jamais quittés. Ils se voient au moins une fois par jour, durant au moins une heure. Parfois plus, cela dépend de leur humeur...
      La répétition de ce samedi s'achève. Je me suis efforcée d'éviter de le fixer, cependant alors que le chef faisait travailler d'autres instruments, je n'ai pas pu m'empêcher de le regarder... Il était là, en train d'embrasser sa Juliette. Et personne ne disait rien.

      En même temps, pourquoi lui reprocher d'aimer son trombone?

     

      ¹Les premières voix sont celles qui généralement joue la mélodie. Plus on s'éloigne de 1, plus on s'approche des basses.


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  •    J'ai écrit cette nouvelle pour le concours de Fabule...

     

      Pierrot se promenait, innocent, tournant en rond. Il semblait préoccupé par quelque chose... En effet, il avait de quoi! Ce soir, 31 octobre, les monstres les plus terrifiants allaient sortir et emporter quelques victimes... Serait-ce cet homme là-bas? Ou bien cet enfant qui, gourmand, mangeait déjà ses sucreries? Ou bien... Serait-ce lui? Allait-il disparaître pour toujours, rejoindre les créatures de la nuit? La lumière baissait, le soleil laissant place à la pâle lune... Tel un accrobate, Pierrot monta en haut d'un lampadaire et sauta sur la lune. Mais ce soir-ci elle était pleine, et le pauvre jeune homme ne trouva  pas d'endroit où il aurait pu s'accrocher. Ainsi, il tomba doucement plus bas, et se contenta d'une étoile pour s'asseoir et regarder le spectacle qui s'offrait à lui...

      Au sol, les enfants riaient, parlaient avec leurs parents, heureux de pouvoir manger leurs bonbons. Aucun d'entre eux ne se doutaient qu'allaient arriver, avec la descente de la lune, les vampires, ces monstres fascinants au visage humain et aux canines aiguisées, avides de sang, surtout celui des jeunes filles... Ce fut simple pour les attraper: ils mettaient leur cape devant elles et elles disparaîssaient pour se retrouver on ne sait où, très probablement dans un château digne de celui du célèbre Dracula.
      Ce fut ensuite le tour des sorcières d'arriver. Montées sur leur balai, elles atterrirent au centre de la place, créant une véritable panique. Puis elles firent apparaître lions, tigres et autres fauves qui dévorèrent... Les sucreries des enfants! Déçues par la non-discipline de leurs fauves, elles tournèrent les talons et disparurent aussi vite qu'elles étaient arrivées. Pierrot profita de ce temps calme pour descendre de son étoile. Il sortit un petit accordéon de sa tunique et se mit à jouer pour appaiser les moeurs. Mais voyant une petite fille qui pleurait encore, il sortit de son chapeau cette fois-ci une jolie rose qu'il lui tendit. La petite fille la prit en main mais lorsque Pierrot enleva sa main, la fleur vient avec, et seule restait la tige dans celle de la petite fille, qui était très étonnée. Pierrot regarda la fleur, leva un sourcil et souffla sur la rose. Les pétales se dispersèrent et tombèrent dans les cheveux de l'enfant. Pierrot remonta sur son étoile et se remit à jouer. Il s'arrêta subitement quand un énorme fracas se fit entendre. Apparurent une série de fantômes funambules en apesanteur au-dessus du monde, accompagnés par des citrouilles qui roulaient sur elles-mêmes de manière plutôt artistique. Ils ne prenaient pas plaisir à kidnapper des enfants, leur faire peur leur suffisait. Après leur spectacle terrifiant, ils disparurent, ne laissant derrière eux qu'un épais nuage de fumée blanche...
      Pierrot, toujours sur son étoile lumineuse, au-dessus de cette brume, semblait être un magicien. Et comme s'il avait lu ces mots, il descendit à nouveau de son perchoir, mais cette fois-ci, dans son immense cape... Cependant, juste avant qu'il ne touche le sol, le dernier monstre vint: montant son cheval, sa cape noire au vent, le cavalier sans-tête tenta d'attraper Pierrot, mais celui-ci, plus malin, remonta juste assez le long de sa cape pour éviter son emprise. Mais malheureusement pour lui, le cavalier avait plus d'un tour dans son sac, et d'un claquement de doigts, il appela ses sbires. Tombant du ciel, ils faisaient des accrobaties d'étoile en étoile, et ils eurent très vite fait d'emprisonner Pierrot dans sa cape. C'était la fin pour notre héros, il allait être emporté par les monstres d'Halloween. Il avait beau avoir eu de la chance toute la soirée et évité maintes pièges, le cavalier sans tête avait eu raison de lui...

      Et puis tous les monstres se joinrent à eux pour le grand final. Les spectateurs applaudir les artistes sur la piste avec une telle émotion que Pierrot le clown blanc versa une larme...

     

      Fin


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