• Chapitre IV

      A peine la porte s'est-t-elle ouverte que j'attrape mon sac et me dirige vers l'accueil.

      << Il faut absolument que je passe aux casiers !
      - Attends je t'accompagne !

      Et mince.

      - Et aux toilettes !
      - Tu ne chercherais pas plutôt à m'éviter ?
      - On dirait bien...

      Je marche très vite pour arriver aux casiers, attrape les cahiers et les livres dont j'ai besoin, et fonce aux toilettes. Une minute de plus avec lui et je meurs sur place. Ou je m'évanouis, au choix... Je reste planquée jusqu'à l'arrivée de ma première amie. Heureusement pour moi, le bus de Marguerite ne tarde pas. Je sors des toilettes dès que la porte du car s'ouvre, et il tente de me surprendre à nouveau en ouvrant la bouche. Mais je l'ai vu dans le reflet de mon téléphone, et le coupe :

      - Ne dis rien.

      A sa tête, il paraît étonné que j'ai anticipé sa remarque. Mais il retrouve son sourire charmeur habituel, et les mains dans les poches, me crie avant que je ne sois trop loin :

      - Je suis rassuré que tu ais retrouvé tes capacités de détective, Victoire McVetty !

      Je baisse la tête et accélère le pas : il s'imagine qu'avec ses beaux yeux il va m'empêcher de deviner ce qu'il se trame dans ce collège ?
      Marguerite semble étonnée de me voir de si bonne heure.

      - Ben alors, t'as passé la nuit ici ou tu étais seule dans ton bus ?
      - Je suis venue à vélo.
      - Oh je vois. Et pourquoi tu es énervée ?
      - Je ne suis pas énervée.
      - Ah non pas du tout, c'est pour ça que tu joues nerveusement avec la bride de ton sac, te mâchouilles la lèvre et tapes du pied comme Pan Pan ?
      - Comme qui ?
      - Pan Pan, dans Bambi, tu sais, le Disney trop triste !
      - Ah oui... Le lapin ?
      - Voilà ! Bon, dis-moi ce qui te tracasse ! lance-t-elle en ouvrant son casier et en commençant à chercher ses affaires.
      - Valentin et Carla. Et Arnaud.
      - Arnaud ? Qu'est-ce qu'il a fait ?
      - J'ai parlé avec lui ce matin.
      - Mais c'est génial !
      - Non, parce qu'il avait le dessus !
      - Victoire, tu sais, dans un couple équilibré, aucun des deux partenaires n'a le dessus ! Ou du moins, en permanence !
      - Ouais, tu as peut-être raison... Hé mais on ne sort pas ensembles ! >>

      Le reste des élèves arrivent, déversés par les bus ou en groupes d'amis venus à vélo depuis les villages très proches. Dès que je lance un regard à Arnaud, je le surprends en train de me fixer. Et il me répond par un haussement de sourcils, comme si il voulait dire : « J'ai le dessus Victoire McVetty ! ». Quand Ilana arrive, je suis en rogne et ma lèvre inférieure n'a pratiquement plus de peau. Heureusement pour moi, la sonnerie retentit, me séparant des couples sadiques et d'Arnaud qui jouit de sa supériorité... Je hais les collégiens amoureux. Je les hais.

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